Dorian Foulon, vers de nouveaux horizons...

Suite à ses très bons résultats de début de saison, Dorian Foulon vient d’intégrer l’équipe amateur de la CAJA RURAL & SEGUROS RGA (réserve de l’équipe professionnelle). Menant un double projet sportif, le coureur paracycliste a accepté de répondre à nos questions à 15 mois des Jeux Paralympiques de Tokyo.

Bonjour Dorian, depuis quelques semaines, tu portes les couleurs de la CAJA RURAL, peux-tu nous expliquer pourquoi cette mutation en cours de saison ?

Bonjour, pour tout vous dire, la Caja Rural me suit depuis les années juniors mais jusqu’à présent les responsables de l’équipe n’avaient pas concrétisé leur idée. Suite à mes résultats sur l’essor basque et sur les premières courses élites nationales, ils m’ont contacté pour savoir si je souhaitais les rejoindre.

Comment s’est passé cette transition avec ton club actuel ?

Tout simplement car nous cherchions avec Christophe DIZY, mon entraîneur, une équipe solide en mesure de m’aider à progresser. Les dirigeants d’Urt Vélo 64 ont tout mis en œuvre pour que je puisse trouver cette structure et ils m’ont aidé dans cette démarche.
J’en profite également pour remercier le comité départemental des Pyrénées Atlantiques et les bénévoles de l’Entente 64 avec qui j’ai pu participer à de belles épreuves.

Tu restes donc attaché à ton club handisport, Urt Vélo 64 ? 

Oui plus que jamais. Je suis toujours pensionnaire du Pôle Espoir de Paracyclisme et licencié en handisport à Urt. J’y suis d’autant plus attaché que je suis bénévole au sein du club. Je participe à des actions au profit d’établissements spécialisés ou à des sensibilisations en milieu scolaires ou périscolaires.

Ca n’a pas dû être facile d’arriver dans cette équipe alors que la saison est bien lancée ? Quel est ton rôle ?

Mon seul problème aujourd’hui, c’est la barrière de la langue (rire). Je ne parle pas un mot d’espagnol mais je m’adapte. Sur le vélo, je n’ai pas de souci car tout ce fait par automatisme et naturellement. J’ai plus de difficultés aux débriefings mais c’est aussi une bonne méthode pour apprendre vite.
Pour l’instant, je suis équipier. L’équipe dispose de 4 ou 5 coureurs capables de gagner sur tous les terrains. Je suis le rouleur/sprinter du Team. Ce que j’apprécie, c’est que l’équipe m’a déjà accordé ma chance et que les leaders ont roulé pour moi.

Quels sont tes derniers résultats ? Quels sont tes prochains rdv chez les valides ?

Depuis le mois d’avril, mon calendrier est assez dense. Après une coupure, j’ai repris avec des courses de deuxième catégorie. J’en ai gagné deux début mai puis j’ai participé aux deux premières manches de Coupe du Monde de Paracyclisme sur lesquelles j’ai obtenu deux podiums. A mon retour, j’ai honoré une sélection régionale sur la Ronde de l’Isard mais je suis tombé lourdement lors de la 1ère étape ce qui m’a contraint malheureusement à abandonner. J’ai mis deux semaines à m’en remettre avant un gros bloc de courses avec la Caja Rural en Espagne. 
Je suis passé du rôle d’équipier à coureur protégé sur des courses convenant à mon profil. J’ai fait 4ème et 6ème en Cantabrie et à Burgos, ce qui m’a mis en confiance. A l’issue de mon périple, j’ai gagné la nocturne de Morcenx lundi dernier. 
Je termine bientôt un bloc et après une nouvelle coupure je vais me concentrer sur le mois d’août qui pourrait être très attrayant et important dans la préparation aux championnats du monde de Paracyclisme aux Pays-Bas qui reste l’objectif de ma saison.

En choisissant de partir en Espagne, tu suis les traces de quelques français qui sont passés professionnels, à l’image de Cyril Barthe l’an denrier et de Loïc Chetout entre autres ?

Oui, effectivement, peu de français sont repérés par des équipes espagnoles amateurs et je mesure la chance que j’ai. Je suis le 1er français de l’histoire de la Caja Rural amateur à intégrer l’équipe. Je ne suis pas dans l’optique de passer pro pour l’instant. Je veux surtout apprendre, pouvoir participer à de belles et grandes courses et par dessus tout me faire plaisir sur un vélo. Les meilleurs coureurs mondiaux en Paracyclisme sont dans des équipes professionnelles, je sais donc ce qu’il me reste à faire.
Il ne faut pas oublié que je reste licencié en France et au cercle aquitain. Je suis donc sélectionnable en équipe régionale comme ce fut le cas sur la Ronde de l’Isard. Les CTR François Trarieux et Thierry Gault m’ont fait confiance, tout comme le président Vincent Dedieu. Le calendrier espoir est très intéressant et j’espère avoir encore l’honneur de porter les couleurs de ma région d’adoption.

L’équipe Arkea, te soutient dans ton projet handisport ? De quelle manière ?

Le soutien est avant tout matériel. J’ai eu le privilège de participer à un stage de début de saison avec l’équipe. Emmanuel Hubert, le manager général est à l’écoute et il suit mon parcours avec intérêt. Je leur suis très reconnaissant.

Quels sont tes objectifs à court et moyen terme en Paracyclisme ? 

Comme je l’ai dit, les championnats du monde sur route en septembre puis l’hiver sera consacré à la préparation des mondes piste en janvier. Ensuite, ce sera la dernière ligne droite avant les Jeux Paralympiques pour lesquels j’espère être sélectionné.

AIN HANDI TOUR : Alexandre et Noah s’imposent sur une course internationale !

Les jeunes polistes et Urt Vélo 64 ont remporté deux victoires ce week-end dans l’Ain où était organisé une épreuve inscrite au calendrier internationale de l’UCI. À peine rentrés des deux manches de Coupe du Monde sur lesquelles nos coureurs se sont particulièrement distingués, nous avons repris la route vers l’est de la France avec 6 de nos athlètes. Malgré les kilomètres et le voyage éreintant, nos coureurs ont tenu leur rang avec 6 podiums soit un carton plein. 

En MT1, face à l’espagnol Gonzalo Garcia, David a perdu du temps lors de l’épreuve en ligne suite à un saut de chaîne. Distancé, il a limité les dégâts ne concédant que 38". Lors du contre-la-montre, il n’avait pas le niveau physique escompté et il a dû se contenter de la 2ème place.

En MC3, nous avons assisté à un mano à mano entre l'espagnol Eduardo Santas et Florian qui se sont marqués lors de la course en ligne. Il se sont départagés sur le contre-la-montre durant lequel l’urtois a concédé une vingtaine de secondes au Navarrais qui l’avait déjà privé de la victoire en Italie il y a 15 jours. Florian a pris la 2ème place satisfait de réduire les écarts avec l’un de ses principaux adversaires internationaux. 

En MC5, les deux urtois engagés ont réalisé deux doublés remportant les deux étapes et le classement général. Alexis tout d’abord s’est imposé samedi sur la course en ligne et Noah dimanche sur le chrono. Ce dernier a enlevé le classement général, une première victoire à 16 ans... un grand coup de chapeau pour notre plus jeune poliste qui ne cesse de nous surprendre. 

En MC2, en grande forme depuis quelques semaines, Alexandre s’est montré offensif samedi en s’extirpant rapidement du peloton. Avant lui, Théo avait été l'un des premiers attaquants tentant de fausser compagnie à leur principal rival, l'espagnol Maurice Eckhart. C’est Alexandre qui a réussi à sortir seul à 40 km de l’arrivée. Le jeune poliste a eu l’intelligence d’attendre l’excellent Ricardo Ten (MC1) qui était en « chasse patate » afin de creuser l’écart avec le peloton. De son côté, Théo a pu finaliser le bon comportement d’ensemble de l’équipe en prenant une belle 2ème place au sprint. Moins bien physiquement lors du chrono, ce dernier a pris la 3ème place. De son côté, Alexandre a encore usé de malchance. Alors qu’il possédait plus de 30" d’avance sur notre dernier pointage à 3,5 km de l’arrivée, un incident l’a contraint à s’arrêter et à terminer avec prudence. Il a perdu un temps précieux mais il a réussi à préserver la 2ème place synonyme de victoire au général.

« Après 3 semaines de déplacement et surtout deux Coupes du Monde, les organismes sont fatigués. Je suis surtout très satisfait du comportement d’ensemble des garçons car n’oublions pas que nous avons rivalisé ce week-end avec la sélection nationale espagnole (une des meilleures du monde actuellement) menée par Felix Garcia, alors que nous ne sommes qu’un club ! Pas besoin d’en dire plus sur le niveau de nos coureurs qui remportent également le classement par équipe. Nous allons maintenant recharger les batteries pour les Championnats de France route dans 1 mois, notre prochain objectif. » a commenté Christophe. 

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Coupes du Monde UCI de Paracyclisme : Urtois et polistes parmi le gratin mondial !

Sept paracyclistes licenciés à Urt Vélo 64 dont certains font partis du Pôle Espoir de Paracyclisme ont participé aux deux Coupes du Monde UCI organisées à Corridonia (Italie) et à Ostende (Belgique). Parmi eux, David Geslot et Dorian Foulon étaient sélectionnés en équipe de France. Les résultats obtenus sont prometteurs et encourageants à un an des Jeux Paralympiques de Tokyo. Notre équipe composée de jeunes coureurs s’est distinguée et a forcé l’admiration de l’ensemble des nations présentes.

Dorian Foulon, deux médailles malgré un record d’incidents. Deux crevaisons et une chute en Italie, une autre chute en Belgique... on peut dire que le sort s’est acharné sur lui. Malgré tout, il y a de nombreuses satisfactions et particulièrement sur les deux contre-la-montre même s’il échoue deux fois au pied du podium.  En un an, Dorian s’est rapproché considérablement de l’élite mondiale en concédant 34s par exemple à Ostende alors que l’an dernier il avait perdu 2’54 sur le vainqueur ! En prenant la 3ème place sur la course sur route après deux crevaisons en Italie et après une chute à 5 km de l’arrivée en Belgique, tout en étant un des principaux animateurs des courses, Dorian a prouvé qu’il fait parti des hommes forts de sa catégorie. « La poisse me suit depuis quelques semaines. Après un incident sur la coupe des nations valide en début de mois, j’ai enchainé les ennuis sur les deux Coupes de Paracyclisme. On pratique un sport mécanique et ça fait partie du jeu mais j’aurais aimé concrétiser au moins à Ostende et faire le doublé avec mon camarade de pôle, Alexandre. Je repars tout de même avec des enseignements positifs particulièrement sur le contre-la-montre. Je ne pensais pas être aussi proche des meilleurs. Mes temps m’ouvrent de nouvelles perspectives dès cette année. Nous avons fait du bon boulot avec Christophe, mon entraîneur qui m’a permis de passer un cap important à un an des Jeux. J’en profite pour remercier Emmanuel Hubert et l’équipe Arkéa-Samsic pour leur confiance. », rapportait Dorian.

Florian Bouziani, 2ème à la surprise générale. À peine un an après avoir découvert le cyclisme de compétition, Florian a décroché une médaille d’argent sur le contre-la-montre de Corridonia surprenant ainsi ses adversaires. De notre côté, nous savions que le travail immiscé cet hiver aussi bien sur la piste que sur la route porterait ses fruits mais peut être pas aussi rapidement. Malchanceux sur les courses sur route (2 chutes en Italie), il a confirmé une semaine plus tard en Belgique en prenant la 5ème place sur un circuit plat et technique. « J’ai toujours rêvé de monter sur un podium international mais franchement, dès cette année je n’en reviens pas. Je viens du moto-cross mais je manque de  technique. Je sais quels sont mes points faibles et je vais travailler pour m’améliorer. Je remercie mes proches, mes partenaires et mon club qui m’ont permis d’arriver à un tel résultat », nous confiait Florian à l’issue de sa course.

David Geslot, deux podiums. Après deux tops 5 en Italie, on visait le podium chez nos voisins Flamands. Il a fait beaucoup mieux avec deux médailles d’argent. Après une 2ème place sur le contre-la-montre, David a confirmé de la plus belle des manières sur la route. Suite à un départ très rapide, il s’est isolé avec l’espagnol Garcia. Attaqué à 9 km de l’arrivée, David s’est livré à une course poursuite mais il a échoué à 11s de la victoire qui lui échappe encore. On retiendra qu’il a repoussé de nombreux adversaires qui avaient son niveau l’an dernier et qu’il a fait jeu égal avec des coureurs qui étaient bien meilleurs que lui à la même époque. « Je suis content de mes deux coupes du Monde surtout en Belgique. Je suis monté sur le podium devant ma famille et mes amis, c’était important pour moi. Je voulais aussi remercier la MASFIP pour sa confiance en me soutenant depuis cette année », relatait David.

Alexandre Léauté,  bouscule la hiérarchie. Au milieu des meilleurs mondiaux, le jeune breton (à peine 18 ans) n’a pas tremblé. En pleine forme, lors de cette quinzaine, Alexandre avait déjà impressionné lors du contre-la-montre italien car malgré un incident qui l’obligea à mettre pied à terre au début de l’ascension à 3 km de l’arrivée, il était parvenu à se hisser à la 4ème place derrière les 3 spécialistes de l’effort solitaire. Pas plus de chance, lors de l’épreuve sur route (ndlr : crevaison à 5 km de l’arrivée alors qu’ils n’étaient plus que 4 à se disputer la victoire). Sa 6ème place sur le chrono belge, lui a laissé un goût d’inachevé aussi il avait à cœur de prouver son potentiel. Après une course tactique très bien menée, il a réglé au sprint un groupe de 5 coureurs. Il a ainsi décroché son 1er podium sur une Coupe du Monde en montant sur la plus haute des marches devant la totalité des meilleurs mondiaux. « Je voulais vraiment monter sur le podium ce matin. J’étais très déçu après l’Italie car j’avais de bonnes jambes. On a mis une tactique de course en place lors du briefing avec le coach et j’ai pu enfin finaliser le travail. J’ai été touché par les mots de Tristen Chernove, le champion Paralympique et du monde en titre après l’arrivée. D’un point de vue personnel, je suis heureux d’avoir remporté cette Coupe du Monde sous les couleurs de Vital Concept – B&B Hôtels ce qui me permet de remercier Jérôme Pineau et toute l’équipe pour leur soutien. », commentait Alexandre.

En plus de ces très bons résultats, il faut noter l’abonnement à la 9ème place pour Alexis Poupault, son 1er top 10 à ce niveau de compétition, de Théo Rocton qui confirme son niveau parmi les 10 meilleurs mondiaux et de Noah Palud. À noter que ce dernier, était aussi le plus jeune coureur (16 ans) jamais inscrit sur une Coupe du Monde de Paracyclisme et que ses résultats démontrent un potentiel intéressant. 

« Nous n’avons pas été épargné par les problèmes, malgré tout, les garçons ont réussi à prendre d’excellentes places. Le Pôle Espoir de Paracyclisme est un véritable vivier pour la Fédération Française Handisport que je remercie particulièrement. Cette quinzaine mondiale est une récompense pour l’investissement du staff qui met tout en œuvre pour permettre à nos coureurs d’être dans les meilleurs conditions », nous livra Alain Abadie, le responsable du Pôle Espoir de Paracyclisme. 

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